À retenir

  • Loi anti-squat : succession de textes depuis 1956, amplifiés en 2000 (SRU), 2007 (DALO), 2018 (ELAN), puis renforcés en 2022.
  • Partis ayant voté pour renforcer la protection des squatteurs : composantes de gauche (PS, PCF, EELV, LFI) ainsi que la plupart des centristes lors de débats sur le droit au logement opposable.
  • Partis ayant souhaité assouplir l'expulsion des squatteurs : surtout forces de droite (LR, UDI).

La question de savoir qui a voté la loi qui protège les squatteurs en France revient régulièrement dans le débat public, car elle touche à la fois le droit au logement et la protection de la propriété immobilière. Ce sujet suscite beaucoup de discussions puisqu'il implique des enjeux tels que la sécurité, la justice sociale et l'équilibre entre propriétaires et locataires. Pour bien comprendre les implications actuelles et identifier les acteurs politiques impliqués, il est pertinent de revenir sur l'origine des textes et sur la manière dont ces lois ont été adoptées.

D'où vient la législation autour de la protection des squatteurs ?

Le terme « protection des squatteurs » désigne un ensemble de mesures qui limitent la capacité des propriétaires à expulser rapidement des personnes occupant illégalement un bien immobilier. Ces dispositions trouvent leur source dans le Code pénal mais aussi à travers plusieurs lois relatives au logement et à la trêve hivernale, souvent destinées à protéger les personnes en situation de vulnérabilité.

L'objectif principal de ces mesures est d'assurer un équilibre entre le droit au logement pour les occupants et la protection de la propriété immobilière pour les propriétaires. Cet équilibre s'est construit progressivement, amendement après amendement, sous différents gouvernements et majorités parlementaires, sans qu'une seule loi ne vienne tout déterminer d'un coup.

Quelles sont les principales lois liées aux squatteurs ?

Parmi les textes majeurs, on retrouve principalement la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain) de 2000, qui a renforcé certains droits des locataires mais parfois complexifié les expulsions. Plus récemment, la loi ELAN de 2018 a introduit des modifications visant à clarifier les procédures d'expulsion des squatteurs, tout en maintenant certaines garanties pour les ménages précaires.

De plus, le code des procédures civiles d'exécution prévoit depuis longtemps une procédure accélérée d'expulsion lorsqu'une personne occupe « sans droit ni titre » le domicile principal d'autrui. Cependant, la réalité pratique reste complexe, en raison notamment de délais judiciaires et de la fameuse trêve hivernale instaurée dès 1956 puis confirmée à maintes reprises par le législateur.

Plusieurs articles de loi rendent difficile une expulsion immédiate. Outre la trêve hivernale, toute expulsion doit suivre une procédure stricte : dépôt de plainte ou saisine du juge, obtention d'une décision judiciaire, demande de concours de la force publique si besoin. En pratique, les délais d'expulsion d'un squatteur s'étendent souvent de plusieurs semaines à plusieurs mois, surtout si le bien est occupé à titre de résidence principale ou si des circonstances sociales particulières sont invoquées. Toutes ces protections découlent non pas d'un texte unique, mais d'un ensemble de lois et d'amendements votés au fil du temps.

Comment a été votée la loi sur la protection des squatteurs ?

Contrairement à une idée reçue, il n'y a pas une seule loi anti-squat à l'origine de la situation actuelle. Plusieurs textes successifs, discutés à la fois à l'assemblée nationale et au sénat, ont façonné ce cadre juridique. Les grandes lignes ont été fixées à travers différentes propositions de loi émanant tantôt de la majorité présidentielle, tantôt de groupes parlementaires de gauche ou d'opposition.

Le processus classique commence généralement par le dépôt d'une proposition de loi, suivi du passage en commission où députés et sénateurs peuvent amender le texte. S'ensuivent les débats à l'assemblée nationale, éventuellement des navettes avec le sénat, puis une lecture finale ou le recours à une commission mixte paritaire. À chaque étape, des votes sont organisés impliquant l'ensemble des parlementaires présents.

Quels partis et personnalités ont porté ou soutenu ces lois ?

Depuis vingt ans, de nombreuses mesures encadrant le squat ou protégeant les occupants sans titre ont été proposées par la majorité présidentielle en place. Par exemple, la loi DALO de 2007, défendue par Christine Boutin sous Nicolas Sarkozy, avait pour but de renforcer l'accès au logement pour tous, impactant indirectement la gestion des squats. Plus récemment, des députés LREM comme Emmanuelle Wargon ou Julien Denormandie ont activement participé à des discussions visant à clarifier ou durcir la législation relative au squat, tout en tenant compte de la pression sociale.

Du côté des partis de gauche et écologistes, le Parti socialiste, le Parti communiste français, La France Insoumise et certains élus écologistes ont régulièrement mis en avant la nécessité de protéger les squatteurs vulnérables, plaidant contre les expulsions sans solution de relogement. Sous des majorités de gauche, la trêve hivernale a été consolidée et d'autres garanties procédurales ont vu le jour.

Les groupes parlementaires Les Républicains (ex-UMP) et l'Union des démocrates et indépendants (UDI), quant à eux, ont souvent souhaité faciliter les expulsions et protéger prioritairement les propriétaires victimes de squat. Lors des votes à l'assemblée nationale ou au sénat, leurs propositions n'ont pas toujours fait consensus, se heurtant à des préoccupations concernant le respect du droit au logement.

Quel impact des réformes récentes sur le statut des squatteurs ?

Entre 2021 et 2023, face à des faits divers très médiatisés, la majorité présidentielle a placé la lutte contre le squat parmi ses priorités. La loi ASIR (Accélération et Simplification de la rénovation de l'immobilier résidentiel), adoptée fin 2022, introduit une définition précise du squat et facilite la procédure d'expulsion lorsque la résidence principale du propriétaire est concernée.

Malgré ce durcissement, la nouvelle législation conserve des garde-fous sociaux, tels que la trêve hivernale pour certains profils d'occupants. Les députés de la majorité présidentielle ont massivement soutenu ces réformes afin de mieux concilier la sécurité juridique des propriétaires et la prise en charge sociale minimale des occupants sans titre. Pour autant, transformer cette protection juridique en récupération effective du bien suppose de maîtriser les méthodes pour faire fuir des squatteurs et d'anticiper le rarissime cas où un squatteur peut devenir propriétaire par prescription acquisitive après trente années d'occupation continue.

Date Nom de la loi Principaux partis supporters Orientation
2000 SRU PS, partenaires de gauche Renforcement des droits locatifs
2007 DALO Majorité présidentielle (UMP) Droit au logement opposable
2018 ELAN LREM, Modem, PS Simplification des expulsions dans certains cas
2022 ASIR Majorité présidentielle Procédure accélérée pour propriétaires lésés

Quelle est la différence entre un squatteur et un occupant sans titre ?

Un squatteur entre généralement par effraction dans un logement inoccupé alors qu'un occupant sans titre désigne quelqu'un dont le bail a expiré ou a été résilié mais qui refuse de quitter les lieux. Cette distinction influence la rapidité d'une procédure d'expulsion.

  • Squatteur : entrée illégale initiale
  • Occupant sans titre : maintien illégal après fin de droit

Que prévoit la loi anti-squat votée en 2022 ?

Elle prévoit une définition précise du squat, une accélération des procédures d'expulsion lorsque la résidence principale est concernée, ainsi qu'une pénalisation accrue de l'occupation illégale. Néanmoins, les protections comme la trêve hivernale subsistent pour certains cas particuliers.

  • Accélération des procédures pour les propriétaires
  • Pénalités renforcées pour l'entrée illégale
Année Changement de procédure
Avant 2022 Expulsions longues et complexes
Après 2022 Procédure rapide sur décision préfectorale

Pourquoi la majorité présidentielle a-t-elle soutenu ces lois autour du squat ?

Les récentes pressions médiatiques et la multiplication des cas de squatteurs ont poussé la majorité présidentielle à soutenir des lois clarifiant les obligations, droits et sanctions des deux parties. L'objectif affiché consiste à rassurer les propriétaires sans fragiliser davantage les personnes vulnérables.

  • Réponse aux attentes croissantes des propriétaires
  • Souci de l'équilibre social et du maintien du droit au logement

Le sénat et l'assemblée nationale sont-ils toujours d'accord sur ces questions ?

Le sénat propose parfois des modifications renforçant les droits des propriétaires tandis que l'assemblée nationale, plus diverse politiquement, cherche un compromis. Les désaccords aboutissent régulièrement à des commissions mixtes paritaires pour produire un texte de synthèse adopté via une dernière votation.

  • Navettes et amendements réguliers entre chambres
  • Consensus négocié sauf cas spécifiques
Marc Dubreuil, fondateur de Déloger Squatteur
Marc Dubreuil
Fondateur de Déloger Squatteur, spécialisé dans la procédure d'expulsion accélérée. Ancien propriétaire victime de squat à Marseille (2018), il accompagne aujourd'hui les propriétaires partout en France.